MARIE, MERE DE LA DIVINE PROVIDENCE
Conférence
à l’occasion de la Solennité de la Mère de la Divine Province : 15
novembre 2025
Par le
Père BIENVENU BISIMWA, Barnabite
Préambule
Chers
frères et sœurs, Famille Zaccarienne nous sommes aujourd’hui réunis
physiquement ou spirituellement pour la solennité la Vierge Marie, honorée
sous le titre de Mère de la Divine Providence par notre famille religieuse. Il
est certain que nous sommes rassemblés en ce jour sous le regard bienveillant
et providentiel de notre Mère de la Divine Providence. Il suffit de voir
seulement comment en une semaine nous nous sommes donnés en chair et en esprit
pour que ce jour prenne cette couleur où on voit les Barnabites et les Laïcs de
Saint Paul de Kinshasa ensemble pour fêter et honorer notre Mère.
Ce
titre vénérable de Mère de la Divine Providence nous invite à contempler
l'action incessante et aimante de Dieu dans le monde, une action que la Vierge
Marie a su accueillir et incarner de manière unique. En fait, La Divine
Providence est la sagesse, l'amour et la puissance par lesquels Dieu guide
toute chose vers son accomplissement, toujours pour le bien et le salut de
l'humanité. Et Marie, n’est pas seulement la Mère du Christ, mais elle est
aussi celle que Dieu, dans sa prévoyance infinie, nous a donnée comme Mère
prévoyante, intercédant sans relâche pour nos besoins spirituels et temporels.
Aujourd'hui,
comme nous vivons dans un monde déchiré et confronté à des multiples incertitudes,
des défis et des épreuves, que ce soit au niveau social, avec autant des
conflits et d’instabilités politiques qui font parler d’une troisième guerre
mondiale en cours, au niveau écologique, il suffit de regarder Kinshasa pour
avoir l’idée sur la pollution, ou encore au niveau spirituel là où spiritisme
et syncrétisme se meulent, il est essentiel de renouveler notre confiance en
cette Providence divine. Et c'est en Marie, humble servante du Seigneur, que
nous trouvons le modèle de la confiance totale et de l'abandon filial. Elle
nous enseigne à accepter la vie telle qu'elle vient, à reconnaître en chaque
personne et en chaque événement un don de Dieu, à espérer en l’action
salvatrice de Dieu et à nous mettre en marche comme pèlerin d’espérance en
courent comme des fous – et pas comme des fous qui courent – non seulement vers
Dieu, mais aussi vers le frère qui a tant besoin de nous.
Cette
conférence nous offre un moment de méditer en profondeur sur notre dévotion à
notre Mère de la Divine Providence. Une richesse inégalée qui constitue un
patrimoine sans pareil de notre famille Zaccarienne. C’est aussi une aide
précieuse que nous tenons du Crucifié lui-même qui nous dit encore aujourd’hui
« Fils et filles de Saint Paul, voici Votre Mère »
Que
la Vierge Marie, Mère de la Divine Providence, ouvre nos cœurs et nos esprits à
lumière de l'Esprit Saint.
Notre
intervention s’articule en quatre petits points :
1.
Marie dans
l’histoire de la Famille Zaccarienne
2.
Le titre et
l’Icone de Marie, Mère de la Divine Providence
3.
La Mère de la
Divine Providence, notre Mère
4.
Parler de la
Divine Providence dans notre société en crise.
1.
MARIE DANS
L’HISTOIRE DE LA FAMILLE ZACCARIENNE
La
famille zaccarienne est reconnue comme étant la toute première congrégation de
l’histoire qui soit dédier à Saint Paul et qui a choisi de le suivre dans son
zèle comme Apôtre des nations et prédicateur de la vérité. Ce qu’on ne dit pas
souvent c’est que nos fondateurs, Antoinne Marie Zaccaria, Jacques Antoine
Morigia et Bartolomé Ferrari ont été répertorié parmi les fondateurs qui avait
une très grande dévotion mariale au 16ième siècle. Ceci ressort dans
les conclusions du travail de recueille des mémoires mariaux fait par un père
Barnabite du nom de Marraci, lui-même ayant vécu au 16ème
siècle.
Déjà à ses débuts notre Ordre promut la dévotion à la Sainte Mère.
L’histoire de la vie de notre Saint Fondateur est en elle-même éloquente pour
nous laisser comprendre son attachement à la Vierge Marie. Antoine, fils unique
et orphelin dès le bas âge, a fait l’expérience d’être élevé par une jeune mère
pieuse et veuve depuis 19 ans. Ainsi, son amour ardent pour le Christ ne
pouvait pas être séparé d'une dévotion filiale envers la Sainte Mère qu'il a
apprise de sa mère, Antonietta Pescaroli. Voilà pourquoi Il conseilla à ses
disciples, pour avancer dans la perfection religieuse, d’honorer et d’aimer
cette chère Mère, la Reine des Anges.
De Saint Antoine Marie Zaccaria l’on retient quelques témoignages précieux de sa dévotion mariale. Il aimait organiser les réunions avec les jeunes devant l’autel de la Vierge de l’Annonciation qui se trouvait dans l’église Saint Vincent à Crémone. Aussi Antoine avait l’habitude de mentionner dans l’en-tête de ses écrits les noms de Marie et de Jésus, signe qu’il avait une très grande considération envers la Mère du Crucifié. Plus encore, il convient de souligner les recommandations de saint Antoine à méditer sur les douleurs de la Vierge Marie. Dans le Sermon I il affirme que les deux plus grand Prodige opéré par le Seigneur furent qu’un Dieu Mourut sur une croix pour notre salut, et qu’une Vierge devint Mère. Et dans le Sermon IV, il met en opposition Marie et Eve et souligne des attributions à Marie comme : « la Mère Vierge intacte », « Notre Dame la Vierge Marie ». nous lisons : « ... par l’entremise d’un être humain, c'est-à-dire par la Sainte Mère Vierge, Notre Dame la Vierge Marie, Dieu a voulu délivrer l'humanité ».
Encore
faut-il noter que Zaccaria choisissait les fêtes mariales pour donner l’habit à
ses disciples.
De
Jacques Antoine Morigia, le Père Marracci souligne qu’il « attendait de
Marie le salut éternel » pour dire combien il s’était confié à elle. C’est
en Morigia qu’on reconnait le précurseur de la tradition de rajouter le nom de « Marie »
au Barnabites (ce qui deviendra une norme constante vers la fin du 19ème
siècle lors de la canonisation du Saint Fondateur). Le fait est qu’en 1545, en
donnant l’habit de Barnabite à Giovanni Malipièro, Morigia lui avait ajouter le
nom de « Marie » en l’invitant à accueillir pour mère celle que le
Seigneur indiqua lui-même à Jean sous la croix.
Concernant
Bartolomeo Ferrari, le même Maracci souligne que par amour de marie, il
s’infligé des sévères mortifications. Il a été longtemps confesseur des Sœurs
Angéliques auxquelles il répétait incessamment d’honorer toujours plus
assidument Marie. C’est lui qui établi le jeûne du mercredi en l’honneur de la
Vierge ainsi que la récitation des Litanies de la Vierge de Loreto le samedi.
Si
donc l’on reconnait une dévotion mariale à nos pères Fondateurs, il est tout à
fait normal que la famille zaccarienne soit née avec une dévotion mariale. Il
convient de noter déjà que cette dévotion mariale des Barnabites a eu des
tonalités diverses au long des siècles.
Au
16ème siècle, à la suite du fondateur, l’accent était mis sur la
Vierge des douleurs.
Au
17ème siècle le culte de Barnabites s’adresse plus à la Vierge de
Loreto. Beaucoup des Barnabites on fait pendant ce temps des pèlerinages à
Loreto, citons à titre d’exemple saint François Xavier Banchi et le Père Blaise
Palma. Il faut noter que dès les origines, avec le tournant décisif vers
l’éducation et tenant compte des exhortations du Fondateur à puiser dans les
sources principales et pas de seconde main pour la connaissance, il s’est vite
installé dans l’ordre, la dévotion à la Vierge « Sedes sapientiae »
(Siège de la sagesse) invoquée comme patronne des études. C’est dans cette
optique que le Chapitre générale de 1602 avait prescrit une messe
particulière : Pro felici studiorum nostae congregationis progressu (pour
le bon progrès des études dans notre congrégation), elle devait être célébrée aux
fêtes de la purification, de l’annonciation, de la Nativité de la Vierge Marie
et de sa Conception. Plus tard cette disposition est restée en vigueur
seulement pour le jour de la fête de l’Immaculée conception.
Le
18ème siècle est le siècle de l’Immaculée. C’est pendant ce siècle
que le Culte à la Mère de la Divine providence commence à proliférer lorsque,
en 1732, le Père Maffeti fait exposée à la piété des fidèles la copie de
l’icône de Scipione sous le nom de « Mater divinae Providentiae » (Mère
de la Divine Providence). En 1742 fut ériger un autel sous l’icône de la Mère
de la Divine providence à Saint Charles Ai catinari. Et comme l’afflue des
pèlerins devenait très grande, le Pape Benoît XIV, par un bref du 25 septembre
1744, institua une pieuse société pour rendre féconde et stable cette grande
dévotion à la Mère de la Divine providence. Il s’agit de la Confraternité de la
Mère de la Divine Providence.
2.
LE TITRE ET
L’ICONE DE MARIE, MERE DE LA DIVINE PROVIDENCE
« ...
par l’entremise d’un être humain, c'est-à-dire par la Sainte Mère Vierge, Notre
Dame la Vierge Marie, Dieu a voulu délivrer l'humanité »
Cependant on trouve parfois des
variantes liées soit à la traduction ou encore à l’expansion de la dévotion à
la Mère de la Divine providence. Ainsi peut-on trouver « Notre Dame de la
Divine Providence », « Notre Dame, Mère de la divine
Providence », « Mère de la providence » ou encore « Notre
Dame de la Providence ».
Ce titre de Mère de la Divine
Providence est attaché à l’œuvre de du Disciple de Raphaël, Pulzone Scipione
connu sous le surnom de Gaetano étant natif de Gaeta (1550-1588). Il est plus
connu pour sa "Crucifixion" se trouvant dans la Vallicella, ou son
"Annonciation", en l'église de San Sylvestre sur le mont Cavallo, et
ses autres œuvres du Palais Borghese et de la galerie de Florence. Mais il est
désormais immortalisé par cette icone de la Vierge Marie nommé Mater Divinae
Providentiae par les Barnabites.
Il
s’agit d’un tableau, peint sur un fond sombre et par des couleurs vives, d’un
portrait d’une jeune, jolie et tendre mère, dont les yeux d’une douceur
expressive fixent le bébé tenu affectueusement par le bras droit de sa mère
pendant que les deux se tiennent de leurs mains gauches. L’enfant aux allures
calmes, silencieuses et rassurées qui fixe en toute quiétude son regard dans
celui de sa mère semble s’abandonner complètement à la vigilance et à la
protection de celle-ci qui ne la quitte pas des yeux.
Les doigts de l'Enfant étreignent avec assurance ceux de Marie. Et pour
les Barnabites, c’est un symbole de la source sacrée du pouvoir de la Mère de
Dieu. L'Enfant semble dire : « mère, je place en vos
mains l'autorité pour agir en mon nom. De mon trésor infini, vous fournirez de
bonnes choses à ceux qui implorent votre aide. » C'est la même la
source du titre de Mère de la Divine Providence.
Fondement biblique
Par ailleurs le titre Mère de la
Divine Providence est associé à Marie en tant que Mère de Dieu et Mère de
l’église selon la recommandation du Christ lui-même sur la croix quand il
dit : « Mère, voici ton fils », et encore « Fils voici ta
Mère ». (Jean 19, 26-27).
Le culte de la Mère de la Divine Providence
Avec l’expansion des Pères Barnabites hors de Milan, ils s’installèrent en 1575 à Rome pour exercer leur ministère dans la Petite église de Saint-Blaise à l’anneau, mais celle-ci étant trop petite, ils décidèrent de la démolir pour construire une plus grande et la dédier à Saint Charles Borromée. Cependant ils ont dû interrompre la construction en 1611 à cause des difficultés financières. En 1626, le Père Blaise Palma, décida de faire un pèlerinage à Lorette pour implorer l'aide de Notre Dame. Il était convaincu que la Mère du Seigneur ne serait pas indifférente à son appel. À son retour de pèlerinage, il alla voir le Cardinal Leni pour lui solliciter de l’aide. Cette grâce espérée tant arriva une année après, lorsqu’avant de mourir le Cardinal Leni donna une partie importante de sa richesse aux Barnabites pour finaliser la construction de l’Eglise. En 1650, la construction fut achevée.
Désirant conserver cette intervention de la Vierge Marie, et en
reconnaissance au cardinal Leni, le Père Palma écrivit un long et factuel
compte rendu et le mis dans les archives de la paroisse. Il recommanda que
chacun fît appel à Marie avec la confiance la plus grande chaque fois que les
difficultés se présenteraient.
Un deuxième événement qui a aussi influencé les origines de la dévotion à la Mère de la Divine Providence est lié au déménagement de 1659, lorsque les barnabites été obligés d’abandonner leur deuxième maison à Rome. Ils ont voulu enlever le pan d'un mur sur lequel était peint une image miraculeuse de la Vierge Marie. Malheureusement, en 1664, quand ils ont essayé de le placer sur un autel, il est tombé et s’est cassé en mille morceaux. Pour dédommager les Barnabites, l'architecte responsable des travaux leur a offert une peinture remarquable de la Sainte Mère tenant l'Enfant Jésus dans ses bras. C’est celle du disciple de Raphaël, Scipion Pulzone, connu comme Gaetano. Ce tableau a été placé sur l'autel d'une chapelle au rez-de-chaussée du Presbytère Saint Charles ai Catinari derrière l'autel principal. Les Barnabites prirent l'habitude de se réunir là quotidiennement pour la récitation de l’Office Divin et de leurs exercices spirituels.
Plus tard, le Père Genarro Maffetti, membre de la communauté Barnabite de st. Charles, découvrit les écrits du Père Palma dans les archives communautaires. Alors qu’il les lisait, il fut frappé par son amour confiant, la foi vive et la gratitude bienveillante envers la Mère de Dieu et fut animé par un désir ardent d'étendre la dévotion à Notre Dame. Il fit alors exécuter une copie de ce tableau en 1732 par le Frère Barnabite, Pierre Velantini et l’exposa à la piété de fidèles. Ainsi naquit officiellement la dévotion à la Mère de la Divine Providence. L’étroit couloir où elle a été placée est devenu très vite un sanctuaire avec l’afflux des fidèles au point qu’en 1742 on y érigea un autel ou des princes et des papes sont venus se prosterner plus tard. Les gens qui venaient le visiter et s'y recueillir furent récompensés par des faveurs extraordinaires. Les ex-votos et les plaques de remerciements des pèlerins sous formes de tablettes votives de nos jours, sont autant de pages de l'histoire des miracles et des preuves de l'intercession de la Mère de la Divine Providence.
Cette chapelle mariale était particulièrement appréciée de nombreux Souverains Pontifes. En 1774, Sa Sainteté le Pape Benoît XIV érige la Confrérie de Notre Dame de la Providence. Elle sera enrichie de privilèges et d'indulgences par ses successeurs. Le pape Benoît XIV rendait chaque année visite à cette chapelle. Le 2 février 1815, le pape Pie VII, reconnaissant qu'il devait son retour dans la Ville éternelle à la protection de Marie, visita la chapelle et déclara l'autel perpétuellement privilégié. Le pape Pie IX a passé les premières années de sa vie sacerdotale près de la chapelle de Marie, Mère de la Divine Providence. Plus d'une fois, il célébra la Sainte Messe à l'autel, il y offrit la chasuble qu'il portait le jour de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception en 1854.
En 1888, le pape Léon XIII ordonna le
couronnement solennel de la « Dame Miraculeuse » et approuva la messe et
l'office de Marie, Mère de la Divine Providence. Saint Pie X a manifesté sa
dévotion à la Vierge de San Carlo ai Catinari en autorisant la messe votive de
Marie, Mère de la Divine Providence tous les samedis de l'année. Il approuva
également son scapulaire.
Aujourd'hui, l'amour pour Marie, Mère
de la Divine Providence, se répand dans le monde entier. Des églises, des
chapelles, des autels et des maisons sont dédiés à son honneur. La Confrérie se
propagea rapidement en Italie, en Espagne, en France, en Belgique, en Suisse,
en Turquie, en Chine, en Amérique du Sud, au Mexique, dans les Iles de Crète et
Malte. De nos jours, les touristes peuvent vénérer à Porto Rico, en la
cathédrale de San Juan, la statue de Notre-Dame de la Providence, qui est la
Patronne et la Protectrice de l'île.
Le décret du Père Benedict Nisser du 05 août 1896, alors Supérieur
Général des Barnabites, indiquait que chaque Barnabite doit avoir une copie de
l’image de la Mère de la Divine Providence dans sa chambre comme elle est la
patronne spéciale des Barnabites.
Mater Divinae Providentiae, novembre 1922, pp.
372-375
Notre
Sainte Mère a tant de beaux titres, la plupart créés par la piété simple et
spontanée du peuple chrétien inspirée par la théologie de l'amour appelée
« sensus fidei ». Ces titres sont chaleureux d'affection et respirent
une bonté authentique. Ils sont poétiques, lumineuses et chaleureuses. Ils
expriment une vérité et ils l'expriment efficacement. Toute une théologie
mariale y est contenue. En les répétant, les idées et les sentiments amoureux
s'intensifient. Notre titre nous place carrément au centre de la vraie
théologie.
Mère : voici la synthèse de la grandeur de Marie.
Elle est Notre-Dame parce qu'elle était mère. Mère de Jésus-Christ ! C'est tout
dire. C'est la racine même de la grandeur « humaine » de Notre-Dame. Une femme
atteint son épanouissement naturel en devenant mère. Mère est le titre le plus
auguste de et pour une femme. Même une reine n'est pas heureuse si elle n'est
pas mère ; Et une mère a dans sa maternité le secret d'une joie et d'un orgueil
qu'une reine ne connaît pas. Une mère est bénie parmi les femmes, comme Marie
est bénie parmi les mères.
Ce
nom de mère exprime la grandeur « divine » de la Vierge. Elle est plus élevée
que toutes les autres créatures, parce qu'elle est mère de Jésus, Fils de
l'homme et Fils de Dieu. La grandeur divine du Fils se reflète sur sa mère.
Parmi les mères, elle est la bienheureuse ; elle est la Bienheureuse parce que
le fruit de ses entrailles s'appelle Jésus, c'est Jésus-Christ.
Marie,
notre mère à tous ; en Jésus, mère universelle, parce qu'elle est une mère
unique. L'amour, l'action et le sacrifice de Jésus inondent le monde et les
siècles, atteignant les extrémités de la terre, se perdant dans l'éternité. Et
là où nous trouvons les effets d'élargissement de l'amour de Jésus, nous
trouvons aussi les effets d'élargissement de l'amour de Marie.
Mais
ce titre, ce poème lyrique condensé continue :
de
la Divine Providence. Ici, Marie est
placée en relation directe avec le dogme de la Providence de Dieu et, à travers
cette relation, nous sommes conduits à un dogme des plus fondamentaux que le
christianisme partage avec les formes les plus rudimentaires de la religion. En
effet, celui qui s'en approche, celui qui désire simplement s'approcher de
Dieu, faire le plus petit pas vers Dieu, doit croire non seulement qu'il
existe, mais aussi qu'il récompense également les œuvres humaines, qu'il est le
« pourvoyeur » dans le sens le plus fondamental et le plus élevé du mot (cf.
Hébreux 11, 6). S'il n'y a pas de ponts entre le ciel et la terre, est-ce
important que le ciel existe ou non, est-ce important pour nous ? C'est
pourquoi saint Paul proclame que pour notre vie religieuse, la simple et froide
idée d'un Dieu ne suffit pas. Dieu existe ! Ainsi ? Ce dont nous avons besoin,
c'est de la notion plus chaleureuse, plus lumineuse et plus bénéfique d'un Dieu
providentiel. Qui pense à nous, qui se soucie de nous. Le christianisme, une
religion chaleureuse et vivante ; Le christianisme, la pleine révélation de
Dieu, commence ici et est en quelque sorte tout contenu ici. Parce qu'une fois
que la Providence, la Providence de Dieu, est acceptée, le reste suit, avec une
logique facile et merveilleuse qui lui est propre.
Tout
dans le christianisme est absurde, tout serait absurde, si nous devions nier ou
oublier ce grand dogme de la Providence de Dieu. Tout est facile si ce dogme
est accepté avec joie. Toute notre existence concrète en dépend. Certes, la vie
chrétienne est prière ; mais on ne peut pas prier un Dieu qui est sourd de
nature et imperméable à nos demandes. La foi chrétienne exige d'ordonner toute
notre vie vers un but divinement établi, ou, pour le dire plus simplement, elle
exige l'obéissance à Dieu. Maintenant, nous ne pouvons vraiment obéir qu'à un
Dieu qui nous appelle dans l'amour. De plus, la vie chrétienne est
principalement résignation à la souffrance, mais nous ne pouvons pas être
résignés à la souffrance à moins qu'elle ne vienne des mains d'un père prévoyant
et aimant.
Marie,
Mère de la Divine Providence, par son beau nom et son doux titre, nous ramène à
ce Noyau Sacré authentique et sain du christianisme. Avec douceur et
acharnement, elle nous introduit dans cette atmosphère que nous avons besoin de
respirer pour jouir de la vigueur et de la force chrétiennes.
La
Mère nous conduit au Père.
Hymne
à Marie, Mère de la Divine Providence
Ô Mère
Prévoyante, douce Mère de Jésus,
Oh, quelle préoccupation vous avez exprimée pour votre Fils !
Perdu dans le Temple, dans l'inquiétude mais confiant,
Vous L'avez cherché et c'est dans la joie que vous l'avez trouvé
là-dedans.
À Cana, vous avez plaidé pour nous aussi, vos enfants :
« Ils manquent, mon Jésus, le vin de la pure joie. »
Oh, donnez-leur le vin de la grâce pure et de la pure générosité.
Ils le feront donc, votre royaume de justice.
À Cana, persuasive, vous nous avez interpellés en disant :
« Tout ce qu'Il vous dit, sérieusement, accomplissez-le. »
L'assurance que vous n'aurez pas d'un plus grand épanouissement.
Oh. aidez-nous à écouter, chaque fois qu'Il parle.
En cette fête, nos ancêtres nous ont laissé un héritage ;
Enchantés, nous en faisons notre devoir et notre gloire.
En action de grâces joyeuses pour vos gloires, Chère Mère,
En confessant en chœur, Dieu Trine, nous louons.
Ave Maria ! Ave
Maria ! Ave, Ave, Maria !
Musique : P. Magri
Texte : P. Luciano M. Visconti.
Ce point
soulève un questionnement à chacun de nous sur la réception de la dévotion à la
Mère de la Divine Providence. En effet la Mère de la Divine Providence c’est
notre Mère. Et nous venons de le voir, elle a toutes les qualités pour nous
rendre les plus heureux des fils elle-même étant la plus heureuse des mères. Le
Père Semeria ne souligne-t-il pas que tout est absurde sans la providence
divine, et que tout est facile avec elle ?
Nous,
nous avons la Mère de la divine Providence. Elle attire incessamment notre
regard pour le tourner vers son fils. Prévoyante elle pourvoit à notre
bien-être, à notre salut. Quelle chance ! Quelle chance d’avoir pour nous
la Mère de la Divine Providence ?
Mais
c’est ici que nous vient aussi le grand questionnement : alors !
qu’avons-nous fait d’elle ? car à celui qui a reçu plus, l’on demandera
aussi plus.
Comment
pouvons-nous jouir pleinement de ce privilège de la divine Providence en tant
que fils et filles de Saint Paul, Famille zacharienne ?
Qu’avons-nous
fait de cette dévotion à la Mère de la Divine Providence ?
Que
faire de cette dévotion dans une société en crise ?
Ces
deux questions nous appel à évaluer notre attitude par rapport à cette dévotion
et à planifier en même temps comment la rendre encore plus active et bénéfique
pour nous même et pour notre entourage
Je
ne prétendrais pas donnée de réponses à ce questionnement car ils exigent de s’assoir
de partager et de planifier ensemble comme famille zacharienne afin d’en arrivé
à une vision commune.
Qu’avons-nous
fait de cette dévotion ?
il
faut reconnaitre que nous en parlons peu, parce que nous ne nous le sommes pas
suffisamment approprié et par conséquent nous ne l’avons pas tant propagé ou
rendu populaire. Son culte est presque absent dans notre quotidien :
Nous n’avons
pas cette image partout dans nos chambres telle que cela fut recommandé, moins
encore dans les églises que nous desservons, dans nos bureaux, nos écoles et autres
structures où nous faisons l’apostolat
Nous
prions peu avec la Mère de la Divine Providence que nous ne recitons pas
régulièrement toutes les prières qui lui sont dédié, pourtant elles existent,
il y a un triduum, une neuvaine, une litanie et autant d’autres
Nous
en parlons peu dans nos rencontres et nos partages que nous oublions même de la
recommander aux autres fidèles, pourtant beaucoup des miracles sont reconnus à
l’intercession de la Mère de la Divine Providence.
Que
faire de cette dévotion ?
Nous
devons nous l’approprier : l’aimer, s’y confier et la propager.
Il
nous faut d’abord prendre conscience que la Mère de la Divine providence c’est
notre Mère, comme à Cana, elle est notre perpétuel secours. Elle nous
guide dans la providence de Dieu.
Ensuite
nous devons apprendre à imiter la Mère de la divine Providence en acceptant
comme elle le plan de Dieu sur nous, en mettant toute notre confiance dans le
Seigneur que tout ce qu’il veut de nous se réalisera, en abandonnant nos
faiblesses dans la toute-puissance de Dieu, en mettant toute notre énergie à
son service et ainsi, collaborer pleinement à son plan de Salut. C’est cela
imiter le fiat voluntas tua de Marie ; c’est aussi cela vivre notre
charisme : saeculo renontiantes, totosque deo nos dedicantes, animarum
saluti desserviamus.
La
clé pour arriver à tout cela semble être l’approfondissement de nos méditations
et nos enseignements sur la place de Marie et la Providence divine.
4.
PARLER DE LA
MERE DE LA DIVINE PROVIDENCE DANS NOTRE SOCIETE EN CRISE
Ainsi
la dévotion à la Mère de la divine providence peut nous aider dans notre
société en crise :
de
distinguer Providence divine et Fatalisme
d’inciter
à l'Espérance Active et au Courage
d’inviter
à la Confiance et à la Prière
1.
de distinguer Providence divine et Fatalisme
Grace à cette dévotion nous pouvons comprendre
et faire comprendre que Providence divine n'est pas un fatalisme qui
justifierait l'inaction ou la souffrance actuelle. En vrai dire, si la
providence divine est un ensemble des « dispositions par lesquelles Dieu
conduit avec sagesse et amour toutes les créatures jusqu’à leur fin ultime
» (CEC §321) ; elle n’est pas l'idée que Dieu cause directement la crise
(guerres, maladies, injustices) ou qu'il la désire. Elle n'est pas non plus une
garantie de confort immédiat ou l'assurance que nous n'aurons pas à faire face
à des difficultés.
Elle
est plutôt l'assurance que, malgré l'existence du mal et de la liberté
humaine (qui cause souvent les crises), Dieu continue d'être actif et de
guider l'histoire vers un accomplissement de bien et de salut. Elle est
la conviction que même au milieu du chaos, Dieu peut tirer un bien plus
grand.
2.
d’inciter à l'Espérance Active et au Courage
Dans
un contexte de crise, la Providence doit être présentée non pas comme une
réponse magique, mais comme le fondement de l'espérance qui encourage
l'action.
Disons
que la Providence nous invite à collaborer avec le plan de Dieu et à y
adhérer. Cela implique la volonté et le courage d’agir. Elle ne supprime donc pas
l'effort humain, mais lui donne un sens. Ainsi notre action pour l’entraide et
le bien-être, pour la justice et la paix, et notre volonté de servir deviennent
une participation à l'œuvre de la Providence.
En
outre la providence nous rassure de la présence de Dieu même dans les épreuves.
Par le mystère de la croix le Christ nous montre qu’au cœur de la souffrance, Dieu est avec nous pour nous consoler. Nous
ne sommes pas seuls pour traverser la crise. De ce point de vue, toute aide que
nous pouvons apportée aux victimes d’une crise donnée est un signe de la
Providence qui s'incarne à travers les mains des croyants.
3.
d’inviter à la Confiance et à la Prière
La
prière et la confiance sont comme de pilier pour résister contre toute crise.
La confiance c’est se confier à Dieu par
Marie. C’est cet abandon Filial comme Jésus dans les bras de sa Mère, c’est ce
regard éloquent et rassurant entre la Mère et le Fils. Nous devons donc déposer l'angoisse du "comment" et
du "pourquoi" entre les mains de Dieu, et par, et comme Marie nous
mettre au service de la grâce providentielle. Ceci nous fera comprendre que la
crise actuelle, Même les autres crises qui peuvent subvenir n’ont pas le
dernier mot sur notre vie, elle passe et l’éternel reste à nos côtés. Donc la Providence divine embrasse l'éternité
et le salut ultime, et non seulement le confort matériel immédiat.
Il
est donc pertinent que nous puissions parler et propager ce message de notre
dévotion à la Vierge Marie, Mère de la Divine Providence, qui est restée
collaboratrice fidèle au plan divin, elle a gardé une foi inébranlable tout en traversant
des épreuves extrêmes telle le risque de se faire répudier, la fuite en Égypte,
la crucifixion de son fils…
