mercredi 21 janvier 2026

MERE DE LA DIVINE PROVIDENCE

 

MARIE, MERE DE LA DIVINE PROVIDENCE

Conférence à l’occasion de la Solennité de la Mère de la Divine Province : 15 novembre 2025

Par le Père BIENVENU BISIMWA, Barnabite

 

Préambule

Chers frères et sœurs, Famille Zaccarienne nous sommes aujourd’hui réunis physiquement ou spirituellement pour la solennité la Vierge Marie, honorée sous le titre de Mère de la Divine Providence par notre famille religieuse. Il est certain que nous sommes rassemblés en ce jour sous le regard bienveillant et providentiel de notre Mère de la Divine Providence. Il suffit de voir seulement comment en une semaine nous nous sommes donnés en chair et en esprit pour que ce jour prenne cette couleur où on voit les Barnabites et les Laïcs de Saint Paul de Kinshasa ensemble pour fêter et honorer notre Mère.

Ce titre vénérable de Mère de la Divine Providence nous invite à contempler l'action incessante et aimante de Dieu dans le monde, une action que la Vierge Marie a su accueillir et incarner de manière unique. En fait, La Divine Providence est la sagesse, l'amour et la puissance par lesquels Dieu guide toute chose vers son accomplissement, toujours pour le bien et le salut de l'humanité. Et Marie, n’est pas seulement la Mère du Christ, mais elle est aussi celle que Dieu, dans sa prévoyance infinie, nous a donnée comme Mère prévoyante, intercédant sans relâche pour nos besoins spirituels et temporels.

Aujourd'hui, comme nous vivons dans un monde déchiré et confronté à des multiples incertitudes, des défis et des épreuves, que ce soit au niveau social, avec autant des conflits et d’instabilités politiques qui font parler d’une troisième guerre mondiale en cours, au niveau écologique, il suffit de regarder Kinshasa pour avoir l’idée sur la pollution, ou encore au niveau spirituel là où spiritisme et syncrétisme se meulent, il est essentiel de renouveler notre confiance en cette Providence divine. Et c'est en Marie, humble servante du Seigneur, que nous trouvons le modèle de la confiance totale et de l'abandon filial. Elle nous enseigne à accepter la vie telle qu'elle vient, à reconnaître en chaque personne et en chaque événement un don de Dieu, à espérer en l’action salvatrice de Dieu et à nous mettre en marche comme pèlerin d’espérance en courent comme des fous – et pas comme des fous qui courent – non seulement vers Dieu, mais aussi vers le frère qui a tant besoin de nous.

Cette conférence nous offre un moment de méditer en profondeur sur notre dévotion à notre Mère de la Divine Providence. Une richesse inégalée qui constitue un patrimoine sans pareil de notre famille Zaccarienne. C’est aussi une aide précieuse que nous tenons du Crucifié lui-même qui nous dit encore aujourd’hui « Fils et filles de Saint Paul, voici Votre Mère »

Que la Vierge Marie, Mère de la Divine Providence, ouvre nos cœurs et nos esprits à lumière de l'Esprit Saint.

Notre intervention s’articule en quatre petits points :

1.      Marie dans l’histoire de la Famille Zaccarienne

2.      Le titre et l’Icone de Marie, Mère de la Divine Providence

3.      La Mère de la Divine Providence, notre Mère

4.      Parler de la Divine Providence dans notre société en crise.   

 

1.      MARIE DANS L’HISTOIRE DE LA FAMILLE ZACCARIENNE

 

La famille zaccarienne est reconnue comme étant la toute première congrégation de l’histoire qui soit dédier à Saint Paul et qui a choisi de le suivre dans son zèle comme Apôtre des nations et prédicateur de la vérité. Ce qu’on ne dit pas souvent c’est que nos fondateurs, Antoinne Marie Zaccaria, Jacques Antoine Morigia et Bartolomé Ferrari ont été répertorié parmi les fondateurs qui avait une très grande dévotion mariale au 16ième siècle. Ceci ressort dans les conclusions du travail de recueille des mémoires mariaux fait par un père Barnabite du nom de Marraci, lui-même ayant vécu au 16ème siècle.

Déjà à ses débuts notre Ordre promut la dévotion à la Sainte Mère. L’histoire de la vie de notre Saint Fondateur est en elle-même éloquente pour nous laisser comprendre son attachement à la Vierge Marie. Antoine, fils unique et orphelin dès le bas âge, a fait l’expérience d’être élevé par une jeune mère pieuse et veuve depuis 19 ans. Ainsi, son amour ardent pour le Christ ne pouvait pas être séparé d'une dévotion filiale envers la Sainte Mère qu'il a apprise de sa mère, Antonietta Pescaroli. Voilà pourquoi Il conseilla à ses disciples, pour avancer dans la perfection religieuse, d’honorer et d’aimer cette chère Mère, la Reine des Anges.

De Saint Antoine Marie Zaccaria l’on retient quelques témoignages précieux de sa dévotion mariale. Il aimait organiser les réunions avec les jeunes devant l’autel de la Vierge de l’Annonciation qui se trouvait dans l’église Saint Vincent à Crémone. Aussi Antoine avait l’habitude de mentionner dans l’en-tête de ses écrits les noms de Marie et de Jésus, signe qu’il avait une très grande considération envers la Mère du Crucifié. Plus encore, il convient de souligner les recommandations de saint Antoine à méditer sur les douleurs de la Vierge Marie. Dans le Sermon I il affirme que les deux plus grand Prodige opéré par le Seigneur furent qu’un Dieu Mourut sur une croix pour notre salut, et qu’une Vierge devint Mère. Et dans le Sermon IV, il met en opposition Marie et Eve et souligne des attributions à Marie comme : « la Mère Vierge intacte », « Notre Dame la Vierge Marie ». nous lisons : « ... par l’entremise d’un être humain, c'est-à-dire par la Sainte Mère Vierge, Notre Dame la Vierge Marie, Dieu a voulu délivrer l'humanité ».

Encore faut-il noter que Zaccaria choisissait les fêtes mariales pour donner l’habit à ses disciples.

De Jacques Antoine Morigia, le Père Marracci souligne qu’il « attendait de Marie le salut éternel » pour dire combien il s’était confié à elle. C’est en Morigia qu’on reconnait le précurseur de la tradition de rajouter le nom de « Marie » au Barnabites (ce qui deviendra une norme constante vers la fin du 19ème siècle lors de la canonisation du Saint Fondateur). Le fait est qu’en 1545, en donnant l’habit de Barnabite à Giovanni Malipièro, Morigia lui avait ajouter le nom de « Marie » en l’invitant à accueillir pour mère celle que le Seigneur indiqua lui-même à Jean sous la croix.

Concernant Bartolomeo Ferrari, le même Maracci souligne que par amour de marie, il s’infligé des sévères mortifications. Il a été longtemps confesseur des Sœurs Angéliques auxquelles il répétait incessamment d’honorer toujours plus assidument Marie. C’est lui qui établi le jeûne du mercredi en l’honneur de la Vierge ainsi que la récitation des Litanies de la Vierge de Loreto le samedi.

Si donc l’on reconnait une dévotion mariale à nos pères Fondateurs, il est tout à fait normal que la famille zaccarienne soit née avec une dévotion mariale. Il convient de noter déjà que cette dévotion mariale des Barnabites a eu des tonalités diverses au long des siècles.

Au 16ème siècle, à la suite du fondateur, l’accent était mis sur la Vierge des douleurs.

Au 17ème siècle le culte de Barnabites s’adresse plus à la Vierge de Loreto. Beaucoup des Barnabites on fait pendant ce temps des pèlerinages à Loreto, citons à titre d’exemple saint François Xavier Banchi et le Père Blaise Palma. Il faut noter que dès les origines, avec le tournant décisif vers l’éducation et tenant compte des exhortations du Fondateur à puiser dans les sources principales et pas de seconde main pour la connaissance, il s’est vite installé dans l’ordre, la dévotion à la Vierge « Sedes sapientiae » (Siège de la sagesse) invoquée comme patronne des études. C’est dans cette optique que le Chapitre générale de 1602 avait prescrit une messe particulière : Pro felici studiorum nostae congregationis progressu (pour le bon progrès des études dans notre congrégation), elle devait être célébrée aux fêtes de la purification, de l’annonciation, de la Nativité de la Vierge Marie et de sa Conception. Plus tard cette disposition est restée en vigueur seulement pour le jour de la fête de l’Immaculée conception.

Le 18ème siècle est le siècle de l’Immaculée. C’est pendant ce siècle que le Culte à la Mère de la Divine providence commence à proliférer lorsque, en 1732, le Père Maffeti fait exposée à la piété des fidèles la copie de l’icône de Scipione sous le nom de « Mater divinae Providentiae » (Mère de la Divine Providence). En 1742 fut ériger un autel sous l’icône de la Mère de la Divine providence à Saint Charles Ai catinari. Et comme l’afflue des pèlerins devenait très grande, le Pape Benoît XIV, par un bref du 25 septembre 1744, institua une pieuse société pour rendre féconde et stable cette grande dévotion à la Mère de la Divine providence. Il s’agit de la Confraternité de la Mère de la Divine Providence.

 

2.      LE TITRE ET L’ICONE DE MARIE, MERE DE LA DIVINE PROVIDENCE

« ... par l’entremise d’un être humain, c'est-à-dire par la Sainte Mère Vierge, Notre Dame la Vierge Marie, Dieu a voulu délivrer l'humanité »

 

La famille zaccarienne vénère la Vierge Marie sous le Titre latin de Mater divinae providentiae littéralement traduite en français par Mère de la Divine Province.

Cependant on trouve parfois des variantes liées soit à la traduction ou encore à l’expansion de la dévotion à la Mère de la Divine providence. Ainsi peut-on trouver « Notre Dame de la Divine Providence », « Notre Dame, Mère de la divine Providence », « Mère de la providence » ou encore « Notre Dame de la Providence ».

Ce titre de Mère de la Divine Providence est attaché à l’œuvre de du Disciple de Raphaël, Pulzone Scipione connu sous le surnom de Gaetano étant natif de Gaeta (1550-1588). Il est plus connu pour sa "Crucifixion" se trouvant dans la Vallicella, ou son "Annonciation", en l'église de San Sylvestre sur le mont Cavallo, et ses autres œuvres du Palais Borghese et de la galerie de Florence. Mais il est désormais immortalisé par cette icone de la Vierge Marie nommé Mater Divinae Providentiae par les Barnabites.

Il s’agit d’un tableau, peint sur un fond sombre et par des couleurs vives, d’un portrait d’une jeune, jolie et tendre mère, dont les yeux d’une douceur expressive fixent le bébé tenu affectueusement par le bras droit de sa mère pendant que les deux se tiennent de leurs mains gauches. L’enfant aux allures calmes, silencieuses et rassurées qui fixe en toute quiétude son regard dans celui de sa mère semble s’abandonner complètement à la vigilance et à la protection de celle-ci qui ne la quitte pas des yeux. Les doigts de l'Enfant étreignent avec assurance ceux de Marie. Et pour les Barnabites, c’est un symbole de la source sacrée du pouvoir de la Mère de Dieu. L'Enfant semble dire : « mère, je place en vos mains l'autorité pour agir en mon nom. De mon trésor infini, vous fournirez de bonnes choses à ceux qui implorent votre aide. » C'est la même la source du titre de Mère de la Divine Providence.

 

Fondement biblique

 Ce titre de « Mère de la Divine Providence » a des racines dans les Saintes Ecritures principalement lors l'intervention providentielle de Marie aux des Noces de Cana (Jean 2, 1-11). En effet, le premier miracle de la vie publique du Christ a été occasionné en partie par l'intercession de sa mère. Elle a contribué pour sortir les jeunes époux de la situation embarrassante. C’est d’ailleurs pourquoi la Mère de la Divine providence est évoqué dans une partie des Etats Unis d’Amérique comme la reine des Foyers.

Par ailleurs le titre Mère de la Divine Providence est associé à Marie en tant que Mère de Dieu et Mère de l’église selon la recommandation du Christ lui-même sur la croix quand il dit : « Mère, voici ton fils », et encore « Fils voici ta Mère ». (Jean 19, 26-27).

 

Le culte de la Mère de la Divine Providence

 Il faut dire que la dévotion à Notre Dame, Mère de la Divine Providence est intimement liée à l'histoire de la première maison des Barnabites à Rome.

 Avec l’expansion des Pères Barnabites hors de Milan, ils s’installèrent en 1575 à Rome pour exercer leur ministère dans la Petite église de Saint-Blaise à l’anneau, mais celle-ci étant trop petite, ils décidèrent de la démolir pour construire une plus grande et la dédier à Saint Charles Borromée. Cependant ils ont dû interrompre la construction en 1611 à cause des difficultés financières. En 1626, le Père Blaise Palma, décida de faire un pèlerinage à Lorette pour implorer l'aide de Notre Dame. Il était convaincu que la Mère du Seigneur ne serait pas indifférente à son appel. À son retour de pèlerinage, il alla voir le Cardinal Leni pour lui solliciter de l’aide. Cette grâce espérée tant arriva une année après, lorsqu’avant de mourir le Cardinal Leni donna une partie importante de sa richesse aux Barnabites pour finaliser la construction de l’Eglise. En 1650, la construction fut achevée.  

Désirant conserver cette intervention de la Vierge Marie, et en reconnaissance au cardinal Leni, le Père Palma écrivit un long et factuel compte rendu et le mis dans les archives de la paroisse. Il recommanda que chacun fît appel à Marie avec la confiance la plus grande chaque fois que les difficultés se présenteraient.

 Un deuxième événement qui a aussi influencé les origines de la dévotion à la Mère de la Divine Providence est lié au déménagement de 1659, lorsque les barnabites été obligés d’abandonner leur deuxième maison à Rome. Ils ont voulu enlever le pan d'un mur sur lequel était peint une image miraculeuse de la Vierge Marie. Malheureusement, en 1664, quand ils ont essayé de le placer sur un autel, il est tombé et s’est cassé en mille morceaux. Pour dédommager les Barnabites, l'architecte responsable des travaux leur a offert une peinture remarquable de la Sainte Mère tenant l'Enfant Jésus dans ses bras. C’est celle du disciple de Raphaël, Scipion Pulzone, connu comme Gaetano. Ce tableau a été placé sur l'autel d'une chapelle au rez-de-chaussée du Presbytère Saint Charles ai Catinari derrière l'autel principal. Les Barnabites prirent l'habitude de se réunir là quotidiennement pour la récitation de l’Office Divin et de leurs exercices spirituels.

 Plus tard, le Père Genarro Maffetti, membre de la communauté Barnabite de st. Charles, découvrit les écrits du Père Palma dans les archives communautaires. Alors qu’il les lisait, il fut frappé par son amour confiant, la foi vive et la gratitude bienveillante envers la Mère de Dieu et fut animé par un désir ardent d'étendre la dévotion à Notre Dame. Il fit alors exécuter une copie de ce tableau en 1732 par le Frère Barnabite, Pierre Velantini et l’exposa à la piété de fidèles. Ainsi naquit officiellement la dévotion à la Mère de la Divine Providence. L’étroit couloir où elle a été placée est devenu très vite un sanctuaire avec l’afflux des fidèles au point qu’en 1742 on y érigea un autel ou des princes et des papes sont venus se prosterner plus tard. Les gens qui venaient le visiter et s'y recueillir furent récompensés par des faveurs extraordinaires. Les ex-votos et les plaques de remerciements des pèlerins sous formes de tablettes votives de nos jours, sont autant de pages de l'histoire des miracles et des preuves de l'intercession de la Mère de la Divine Providence.

 Cette chapelle mariale était particulièrement appréciée de nombreux Souverains Pontifes. En 1774, Sa Sainteté le Pape Benoît XIV érige la Confrérie de Notre Dame de la Providence. Elle sera enrichie de privilèges et d'indulgences par ses successeurs. Le pape Benoît XIV rendait chaque année visite à cette chapelle. Le 2 février 1815, le pape Pie VII, reconnaissant qu'il devait son retour dans la Ville éternelle à la protection de Marie, visita la chapelle et déclara l'autel perpétuellement privilégié. Le pape Pie IX a passé les premières années de sa vie sacerdotale près de la chapelle de Marie, Mère de la Divine Providence. Plus d'une fois, il célébra la Sainte Messe à l'autel, il y offrit la chasuble qu'il portait le jour de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception en 1854.

En 1888, le pape Léon XIII ordonna le couronnement solennel de la « Dame Miraculeuse » et approuva la messe et l'office de Marie, Mère de la Divine Providence. Saint Pie X a manifesté sa dévotion à la Vierge de San Carlo ai Catinari en autorisant la messe votive de Marie, Mère de la Divine Providence tous les samedis de l'année. Il approuva également son scapulaire.

Aujourd'hui, l'amour pour Marie, Mère de la Divine Providence, se répand dans le monde entier. Des églises, des chapelles, des autels et des maisons sont dédiés à son honneur. La Confrérie se propagea rapidement en Italie, en Espagne, en France, en Belgique, en Suisse, en Turquie, en Chine, en Amérique du Sud, au Mexique, dans les Iles de Crète et Malte. De nos jours, les touristes peuvent vénérer à Porto Rico, en la cathédrale de San Juan, la statue de Notre-Dame de la Providence, qui est la Patronne et la Protectrice de l'île.

Le décret du Père Benedict Nisser du 05 août 1896, alors Supérieur Général des Barnabites, indiquait que chaque Barnabite doit avoir une copie de l’image de la Mère de la Divine Providence dans sa chambre comme elle est la patronne spéciale des Barnabites.

 On trouve le culte de la Mère de la Divine providence aux États-Unis d’Amérique où il est aussi propagé par, outre les Barnabites, les Sœurs de la Providence. Après la visite de leur aumônier, Mgr A. J. Rawlinson, en 1925 aux archives de San Carlo ai Catinari pour apprendre plus de l’image de la Mater divinae providentiae qu’il admirait tant, il demandât au Père Chartrand d’ouvrir la Confrérie de Notre Dame de la Divine Providence à Saint Mary-of-the-Woods. Cette dévotion à la Madone veillant maternellement sur sont fils gagna le cœur des mères américaines qui l’invoquèrent comme « la Reine des Foyers ». Son image trouva sa place sur les murs dans plusieurs maisons et la dévotion fut propagée à travers des chansons et des instructions.

 

 D'après les écrits du P. John Semeria, CRSP

Mater Divinae Providentiae, novembre 1922, pp. 372-375

 Le Père Semeria explique ainsi le titre de Mère de la Divine Providence :

Notre Sainte Mère a tant de beaux titres, la plupart créés par la piété simple et spontanée du peuple chrétien inspirée par la théologie de l'amour appelée « sensus fidei ». Ces titres sont chaleureux d'affection et respirent une bonté authentique. Ils sont poétiques, lumineuses et chaleureuses. Ils expriment une vérité et ils l'expriment efficacement. Toute une théologie mariale y est contenue. En les répétant, les idées et les sentiments amoureux s'intensifient. Notre titre nous place carrément au centre de la vraie théologie.

Mère : voici la synthèse de la grandeur de Marie. Elle est Notre-Dame parce qu'elle était mère. Mère de Jésus-Christ ! C'est tout dire. C'est la racine même de la grandeur « humaine » de Notre-Dame. Une femme atteint son épanouissement naturel en devenant mère. Mère est le titre le plus auguste de et pour une femme. Même une reine n'est pas heureuse si elle n'est pas mère ; Et une mère a dans sa maternité le secret d'une joie et d'un orgueil qu'une reine ne connaît pas. Une mère est bénie parmi les femmes, comme Marie est bénie parmi les mères.

Ce nom de mère exprime la grandeur « divine » de la Vierge. Elle est plus élevée que toutes les autres créatures, parce qu'elle est mère de Jésus, Fils de l'homme et Fils de Dieu. La grandeur divine du Fils se reflète sur sa mère. Parmi les mères, elle est la bienheureuse ; elle est la Bienheureuse parce que le fruit de ses entrailles s'appelle Jésus, c'est Jésus-Christ.

Marie, notre mère à tous ; en Jésus, mère universelle, parce qu'elle est une mère unique. L'amour, l'action et le sacrifice de Jésus inondent le monde et les siècles, atteignant les extrémités de la terre, se perdant dans l'éternité. Et là où nous trouvons les effets d'élargissement de l'amour de Jésus, nous trouvons aussi les effets d'élargissement de l'amour de Marie.

Mais ce titre, ce poème lyrique condensé continue :

de la Divine Providence. Ici, Marie est placée en relation directe avec le dogme de la Providence de Dieu et, à travers cette relation, nous sommes conduits à un dogme des plus fondamentaux que le christianisme partage avec les formes les plus rudimentaires de la religion. En effet, celui qui s'en approche, celui qui désire simplement s'approcher de Dieu, faire le plus petit pas vers Dieu, doit croire non seulement qu'il existe, mais aussi qu'il récompense également les œuvres humaines, qu'il est le « pourvoyeur » dans le sens le plus fondamental et le plus élevé du mot (cf. Hébreux 11, 6). S'il n'y a pas de ponts entre le ciel et la terre, est-ce important que le ciel existe ou non, est-ce important pour nous ? C'est pourquoi saint Paul proclame que pour notre vie religieuse, la simple et froide idée d'un Dieu ne suffit pas. Dieu existe ! Ainsi ? Ce dont nous avons besoin, c'est de la notion plus chaleureuse, plus lumineuse et plus bénéfique d'un Dieu providentiel. Qui pense à nous, qui se soucie de nous. Le christianisme, une religion chaleureuse et vivante ; Le christianisme, la pleine révélation de Dieu, commence ici et est en quelque sorte tout contenu ici. Parce qu'une fois que la Providence, la Providence de Dieu, est acceptée, le reste suit, avec une logique facile et merveilleuse qui lui est propre.

Tout dans le christianisme est absurde, tout serait absurde, si nous devions nier ou oublier ce grand dogme de la Providence de Dieu. Tout est facile si ce dogme est accepté avec joie. Toute notre existence concrète en dépend. Certes, la vie chrétienne est prière ; mais on ne peut pas prier un Dieu qui est sourd de nature et imperméable à nos demandes. La foi chrétienne exige d'ordonner toute notre vie vers un but divinement établi, ou, pour le dire plus simplement, elle exige l'obéissance à Dieu. Maintenant, nous ne pouvons vraiment obéir qu'à un Dieu qui nous appelle dans l'amour. De plus, la vie chrétienne est principalement résignation à la souffrance, mais nous ne pouvons pas être résignés à la souffrance à moins qu'elle ne vienne des mains d'un père prévoyant et aimant.

Marie, Mère de la Divine Providence, par son beau nom et son doux titre, nous ramène à ce Noyau Sacré authentique et sain du christianisme. Avec douceur et acharnement, elle nous introduit dans cette atmosphère que nous avons besoin de respirer pour jouir de la vigueur et de la force chrétiennes.

La Mère nous conduit au Père.

 

Hymne à Marie, Mère de la Divine Providence

 Ô Mère Prévoyante, douce Mère de Jésus,

Oh, quelle préoccupation vous avez exprimée pour votre Fils !

Perdu dans le Temple, dans l'inquiétude mais confiant,

Vous L'avez cherché et c'est dans la joie que vous l'avez trouvé là-dedans.

À Cana, vous avez plaidé pour nous aussi, vos enfants :

« Ils manquent, mon Jésus, le vin de la pure joie. »

Oh, donnez-leur le vin de la grâce pure et de la pure générosité.

Ils le feront donc, votre royaume de justice.

À Cana, persuasive, vous nous avez interpellés en disant :

« Tout ce qu'Il vous dit, sérieusement, accomplissez-le. »

L'assurance que vous n'aurez pas d'un plus grand épanouissement.

Oh. aidez-nous à écouter, chaque fois qu'Il parle.

En cette fête, nos ancêtres nous ont laissé un héritage ;

Enchantés, nous en faisons notre devoir et notre gloire.

En action de grâces joyeuses pour vos gloires, Chère Mère,

En confessant en chœur, Dieu Trine, nous louons.

Ave Maria ! Ave Maria ! Ave, Ave, Maria !

Musique : P. Magri

Texte : P. Luciano M. Visconti.

 


 3.      LA MERE DE LA DIVINE PROVIDENCE, NOTRE MERE

 

Ce point soulève un questionnement à chacun de nous sur la réception de la dévotion à la Mère de la Divine Providence. En effet la Mère de la Divine Providence c’est notre Mère. Et nous venons de le voir, elle a toutes les qualités pour nous rendre les plus heureux des fils elle-même étant la plus heureuse des mères. Le Père Semeria ne souligne-t-il pas que tout est absurde sans la providence divine, et que tout est facile avec elle ?

Nous, nous avons la Mère de la divine Providence. Elle attire incessamment notre regard pour le tourner vers son fils. Prévoyante elle pourvoit à notre bien-être, à notre salut. Quelle chance ! Quelle chance d’avoir pour nous la Mère de la Divine Providence ?

Mais c’est ici que nous vient aussi le grand questionnement : alors ! qu’avons-nous fait d’elle ? car à celui qui a reçu plus, l’on demandera aussi plus.

Comment pouvons-nous jouir pleinement de ce privilège de la divine Providence en tant que fils et filles de Saint Paul, Famille zacharienne ?

Qu’avons-nous fait de cette dévotion à la Mère de la Divine Providence ?

Que faire de cette dévotion dans une société en crise ?

Ces deux questions nous appel à évaluer notre attitude par rapport à cette dévotion et à planifier en même temps comment la rendre encore plus active et bénéfique pour nous même et pour notre entourage

Je ne prétendrais pas donnée de réponses à ce questionnement car ils exigent de s’assoir de partager et de planifier ensemble comme famille zacharienne afin d’en arrivé à une vision commune.

Qu’avons-nous fait de cette dévotion ?

il faut reconnaitre que nous en parlons peu, parce que nous ne nous le sommes pas suffisamment approprié et par conséquent nous ne l’avons pas tant propagé ou rendu populaire. Son culte est presque absent dans notre quotidien :

Nous n’avons pas cette image partout dans nos chambres telle que cela fut recommandé, moins encore dans les églises que nous desservons, dans nos bureaux, nos écoles et autres structures où nous faisons l’apostolat

Nous prions peu avec la Mère de la Divine Providence que nous ne recitons pas régulièrement toutes les prières qui lui sont dédié, pourtant elles existent, il y a un triduum, une neuvaine, une litanie et autant d’autres

Nous en parlons peu dans nos rencontres et nos partages que nous oublions même de la recommander aux autres fidèles, pourtant beaucoup des miracles sont reconnus à l’intercession de la Mère de la Divine Providence.

Que faire de cette dévotion ?

Nous devons nous l’approprier : l’aimer, s’y confier et la propager.

 

 Comment ?

Il nous faut d’abord prendre conscience que la Mère de la Divine providence c’est notre Mère, comme à Cana, elle est notre perpétuel secours. Elle nous guide dans la providence de Dieu.

Ensuite nous devons apprendre à imiter la Mère de la divine Providence en acceptant comme elle le plan de Dieu sur nous, en mettant toute notre confiance dans le Seigneur que tout ce qu’il veut de nous se réalisera, en abandonnant nos faiblesses dans la toute-puissance de Dieu, en mettant toute notre énergie à son service et ainsi, collaborer pleinement à son plan de Salut. C’est cela imiter le fiat voluntas tua de Marie ; c’est aussi cela vivre notre charisme : saeculo renontiantes, totosque deo nos dedicantes, animarum saluti desserviamus.

La clé pour arriver à tout cela semble être l’approfondissement de nos méditations et nos enseignements sur la place de Marie et la Providence divine.

 

4.      PARLER DE LA MERE DE LA DIVINE PROVIDENCE DANS NOTRE SOCIETE EN CRISE

 Des crises, oui il y en a dans notre société ! oui il y en a de tout genre et de toute couleur : santé, écologie, politique, morale, religion ; sécurité… tellement des choses qui poussent dans la tristesse, dans la souffrance, les stresse, les angoisses et les désespoirs. Dans pareil société, il est providentiel de parler de la mère de la Divine Providence, mais ceci exige d'adopter un ton à la fois réaliste face à la souffrance et d’espérance quant à l'action de Dieu.

Ainsi la dévotion à la Mère de la divine providence peut nous aider dans notre société en crise :

de distinguer Providence divine et Fatalisme

d’inciter à l'Espérance Active et au Courage

d’inviter à la Confiance et à la Prière

 

1. de distinguer Providence divine et Fatalisme

Grace à cette dévotion nous pouvons comprendre et faire comprendre que Providence divine n'est pas un fatalisme qui justifierait l'inaction ou la souffrance actuelle. En vrai dire, si la providence divine est un ensemble des « dispositions par lesquelles Dieu conduit avec sagesse et amour toutes les créatures jusqu’à leur fin ultime » (CEC §321) ; elle n’est pas l'idée que Dieu cause directement la crise (guerres, maladies, injustices) ou qu'il la désire. Elle n'est pas non plus une garantie de confort immédiat ou l'assurance que nous n'aurons pas à faire face à des difficultés.

Elle est plutôt l'assurance que, malgré l'existence du mal et de la liberté humaine (qui cause souvent les crises), Dieu continue d'être actif et de guider l'histoire vers un accomplissement de bien et de salut. Elle est la conviction que même au milieu du chaos, Dieu peut tirer un bien plus grand.


2. d’inciter à l'Espérance Active et au Courage

Dans un contexte de crise, la Providence doit être présentée non pas comme une réponse magique, mais comme le fondement de l'espérance qui encourage l'action.

Disons que la Providence nous invite à collaborer avec le plan de Dieu et à y adhérer. Cela implique la volonté et le courage d’agir. Elle ne supprime donc pas l'effort humain, mais lui donne un sens. Ainsi notre action pour l’entraide et le bien-être, pour la justice et la paix, et notre volonté de servir deviennent une participation à l'œuvre de la Providence.

En outre la providence nous rassure de la présence de Dieu même dans les épreuves. Par le mystère de la croix le Christ nous montre qu’au cœur de la souffrance, Dieu est avec nous pour nous consoler. Nous ne sommes pas seuls pour traverser la crise. De ce point de vue, toute aide que nous pouvons apportée aux victimes d’une crise donnée est un signe de la Providence qui s'incarne à travers les mains des croyants.


3. d’inviter à la Confiance et à la Prière

La prière et la confiance sont comme de pilier pour résister contre toute crise.

La confiance c’est se confier à Dieu par Marie. C’est cet abandon Filial comme Jésus dans les bras de sa Mère, c’est ce regard éloquent et rassurant entre la Mère et le Fils. Nous devons donc déposer l'angoisse du "comment" et du "pourquoi" entre les mains de Dieu, et par, et comme Marie nous mettre au service de la grâce providentielle. Ceci nous fera comprendre que la crise actuelle, Même les autres crises qui peuvent subvenir n’ont pas le dernier mot sur notre vie, elle passe et l’éternel reste à nos côtés.  Donc la Providence divine embrasse l'éternité et le salut ultime, et non seulement le confort matériel immédiat.

Il est donc pertinent que nous puissions parler et propager ce message de notre dévotion à la Vierge Marie, Mère de la Divine Providence, qui est restée collaboratrice fidèle au plan divin, elle a gardé une foi inébranlable tout en traversant des épreuves extrêmes telle le risque de se faire répudier, la fuite en Égypte, la crucifixion de son fils…

 

 

samedi 23 novembre 2024

Homélie du Dimanche du Christ Roi, Année B

KRISTU MWAMI W’IGULU: 34e Dimanche T.O. B

Dn 7, 13-14; Ps 92; Ap 1, 1-5; Jn 18, 33b-37


 

Ene lwo lwa Nyakasane luzinda lw’omwaka gwe Liturgia. Nyama Ekezia arhulalisire okufundika guno mwaka omu kukuza Kristu Mwami w’igulu lyoshi. N’oluderho lwa Nnamahanga lurhuyeresire oku obwami bwa Kristu burhali bwo buguma n’amami g’en’igulu. Amami g’en’igulu ganakazilonza obukulu n’oburhegesi, ci obwami bwa Kristu bohe bulonza obucire n’oburhumisi.

Amango gw’omulebi Danieli olubaga lwali rhindibusire bwenene, erhi kugandaza kw’amabi ga ngasi lubero kurhumire, ciru lwahikira n’aha lwaheza obulangalire, mpu ntaye wankaciluciza. Ci Nyakasane arhuma omulebi mpu agendibaha omurhima omu kubamanyisa oku obubi n’amalibuko birhagwerhi ecinwa cizinda oku bemezi bage. Anamanyise oku “Mwene Omuntu” Ayisha abagalule omu bushinganyanya.

N’abo obusomi bwa kabirhi omu Mafululo ga Yowane, burhuyeresire Kristu muhimanyi omwirenge lyage, owamayusi hima amahashe g’ekuzimu goshi, ciru n’olufu n’ecaha. Analonzize okushangîza abemêzi el’irenge lyange. Yowane abwiraga ogu mwanzi abakristu bâli omu malibuko. Ago mango erhi bali bahiva abakristu, babalibuze omu kubashurha n’okubalikira ensimba, n’okubaniga. Omwanzi gwa Yowane guli gwakumanyisa obuhimanyi bw’obuzigire oku bukunizi n’obubi. Obuzigire bwo bugwerhe ecinwa cizinda.

Omu myanzi y’akalembe Kristu ayemire oku neci ali mwami, ci obwami bwage burhali bw’enigulu, bukacibaga bw’enigulu akabire agwerhe abalanzi bamulwira.

Bemêzi bazigirwa, kwanaba kwinja rhurhingi lola akasanzi konene Mwami Yezu ayemire oku ali mwami: ali muheke lubanja emebere za Pilato arhanaherhi ciru cafungira. Kurhenga obudufu bwoshi erhi bali bamuheka eyi n’eyi emwa kaifa, herodi, Pilato, banalibamushurha empi n’okumumesherako, n’ecimusigalire kuli kumutwira olufu. Muli obwo bworhere bwonanene mwo Pilato amudosize erhi: “ka we mwami w’abayahudi?” naye Yezu erhi: “K’odesire ntyo okubwawe erhi wakubwirwa n’abandi?” Okubundi Yezu amubwira erhi: “Obwami bwani burhali bw’enigulu…” naye Pilato erhi: “kwo kuderha oli Mwami!” na Yezu erhi: “Wakudesire”.

Okuli Pilato na Yezu barhayumvurhi kuguma Obwani co cici? Kuli Pilato n’abarhegesi b’en’igulu obwami :

  • ·        Busimikîre oku Buhashe n’emisi: birhuma balonza okucikuza kugerera engabo z’abasoda, obuhiri n’oburhgesi
  • ·    bugwarhîre oku bunguke bw’ebirugu: abami b’er’igulu balonza kanji kanji okuhâka obuhiri omu kucikaliza, lyo bakungwa n’okukuzîbwa
  • ·  buyumangîre oku côbà: abami b’er’igulu basima okuhera ecôbà omu bantu lyo babakenga (banshombe caziga banyobohe).
  • ·      Ci obu bwami buba bwa kasanzi: co cinarhuma baburhola bahagula, n’okubulika ebe ntambala.

Kuli Kristu yehe Obwami:

  • ·  Busimikîre oku buzigire n’oku burhumisi: buzigire bwa Nyamuzinda oku lubaga lwage na burhumumisi oku bucunguke bw’abantu. Ko Yezu adesire yenene oku arhayishigirhumikirwa, ci kurhumikira.
  • ·         Bugwarhîre oku makwanane g’iroho: galimwo obuzigire, obushinganyanya, omurhula n’olukogo
  • ·         Buyumangîre oku buyemere: kuyemera Nyamuzinda n’Oluderho lwage muli Muka.
  • ·         Buli bwami bw’ensiku n’amango: burhankagera nk’amami g'en'igulu, burhankanayûrha.

Omu kalamo k’Omukristu obwami bwa Yezu buhunyire:

  • ·     Okushokoza erhi kuher'embere amakwanane g’iroho kulusha ag‘omubiri omu kalamo ka ngasi lusiku: obuzigire, obushinganyanya, omurhula n’olukogo, …
  • ·         Okucihâna omu kurhumikira abandi, omu kuyiganya Mwami Yezu
  • ·         Obwirhonzi n’obutudu ahali h’obucîbone, okucîkaliza n’akagayano
  • ·         Obulangalire: bw’okuba obwami bw’empigu bumurheganyizîbwe

Luka 22,25-27 arhuyeresire obworhere bw’omukristu lugenda bwami: “Abami b’amashanja bagarhegeka, n’abaherhe obuhashe kuli go balonza okuderhwa mpu “muhanyi w’ebintu”. Konene mwehe arhali ntyo; ci oli mukulu muli mwe abe nka ye murho, n’omurhegesi abe nka ye murhumisi.”

Bemezi bazigirwa, emyanzi y’akalembe ya yowane edesire oku Luderho ayishire omu bage, n’abage barhamuyankiriraga. Kuhika ene abadwirehe balahira obwami bwa Kristu bali banji, n’abandi balibalonza okumunyagabwo babujire bwabo omu kubulongezamwo obunguke. Abajacira erhi kujaciza izino lya Kristu, nisi erhi ery’abaganda bage kuhikira ciru n’okubaniga nabo balugire. Abarhumisi ba Yezu baherhe baderherwa kubi, okujacirwa, okunywerherwa oku ma radio n’ahandi, n’abandi bashwekwe, balibuzibwe, bayirhwe erhi okuli kurhuma. Olusiku lwene lurhyukengezize oku ecinwa cizinda cili c’obuzigire, n’ababulamire mwo bahe babona irenge muli Kristu Mwami.

Rhumanye bwinja bemêzi bazigirwa oku obwami bwa Yezu buli ekarhi kirhu amango rhuli rwayubaka omurhûla omu ntimanano n’omu nshambalo, omu kuyumvanya n’okubabalirana; amango rhucihanyire okurhumikirana n’omurhima nkana; amango abakazi n’abalume bacihezire haguma okulwisa obwolokazi, obukalanshonyi, obwumvu, obulalwe,… na kandi amango rhuyemire okushenga haguma na kuguma, n’okurhûla emisi, obushirhu, obwenge, akasanzi n’obuhashe birhu omu kuyubaka e eklezia kugerera amarhumisi.

Rhucihundikire emirasano ya Yezu y’okufungira obwami bwage yo elimwo: obulanzi bwinja, isu ly’olukogo, okurhwiri kwashanula, oluderho lw’oburhulirize, emfune yayokola, idwi lyazusa n’okuyumanza okulumbire, okugulu kwashimana olagirire. Nantyo Kuli Kristu, haguma naye na muli ye rhwanacira n’okuciza igulu. Rwanayishiba haguma naye omu paradizo. Amen.

 

Nyakasane Abe haguma Ninyu.

 

 

 

Père Bienvenu Marie BISIMWA LUHIRIRI, crsp 

samedi 13 janvier 2024

Homelie du 2eme Dimanche TO B. (Mashi)

Le 14 janvier 2024

OLWA NYAKASANE LWA KABIRHI MWAKA B.

1Sam 3, 36-10.19 /Ps 39(40)/ 1Cor 6, 13c-15a-17-20/ Jn 1,34-42 

“Cici mwalonza?” 

1. Bemezi Bazigirwa, hamagera mugobe muguma kurhenga rhuyusize amango makulu ga Noweri, aga rhwayankiriremwo Nyamuzinda ekarhi kirhu rhwanashobola muli Kristu amanema oku manema. Na ntyo, rhukola rhurhondire amango mofi gw’obworhere gashokolera amango ga Kwarezima. Muli aga Mngo,Ekleziya nyama wirhu arhulalisire okulama haguma na Kristu omu kalamo kirhu kw’obworhere ngasi lusiku. Kristu wayishire muli rhwe rhumushangize obuzine bwirhu. Ye Mwami rhushiga, rhumuhage arhurhegeke. Ye mugala wa Nnamahanga muzigirwa waciyerekaga amashanja goshi oku lwa Ebifaniya,rhukazimuyumva. 

2. Bemezi bazigirwa,akanwa ka Nnamahanga rhuyumvirhe ene kalalisire ngasi muguma okushimanana na Kristu oku bwage yene na kwago kwago. Eyo ntimanano yo erhuhindula okuba ntumwa za Kristu na bana ba Nnamahanga ciru akabaga oku ngasi muguma agwerhe obwage bulyo ahamagalwamo naye, n’eyage njira ashuzamwo karame, nk’oku rhwanayumvirhe ogwa Samweli, n’ogwa Andereya ciru na Simoni. 

3. Omu busomi burhanzi,rhwayumvirhe oku Samweli ahamagalagwa na Nnamahanga erhi ali omu iro. Kasharhu koshi Samweli akazi shuza karame anagenda emunda Eli ali omu kucikebwa mpu ohamagire  ye omuhamagire, akaziyumva ci arhamanya ndi.| Nako kasharhu koshiarhabonaga Nyakasane|. Ci buzinda, enyuma ly’okumolekerwa na Eli go mango ashuzize oku izu lili lyamuhamagala lyo nanene erhi “ Ombwire Yagirwa bulya mwambali wawe arhezire amarhwiri”.  Barhubwizire oku Samweli aja ayushuka erhi na Nyamubaho ali haguma naye. 

4. Ogu mwanzi gwa Samweli gurhuyeresire oku kwo binali Nyamuzinda kuhamagala ahamagala ngasi muguma omw’izino lyage na buzira kurhama. Na kuyumva rhuyumva izu lyage ci yajewe! Hali mango rhwehe rhubera omw’iro lirhu. Na rhukaba babidu omu kuzuka n’okushuza karama aka Samweli, rhunacirhebe, rhulibirhire handi rhuleke bwalibirhira emwa Nyamubaho orhuhamagire. Go mango oshimanaomuntu acikubagire omushizi kulusha Nnawabo, alibirhire emw’omu kozi aleke Nnakasi, ashige ecibwindi ahali ha mwami. Nka kulya Samweli alibirhiraga emwa Eli, kanji kanji rhucikubagire abadahwa, abigiriza, abimangizi,… abantu kulusha Nnamahanga(Nnawabo na Nnawirhu). Oshimane erhi oyo muntu akabula hoshi ho n’obuyemere bwawe bwanahirigirha. Neci, aka Samweli kuyumva rhuyumva obuhamagale na kanji kanji, na buzira oburhabale bw’enyigirizo n’enkengero z’abanadi,kuli kulembu okuhabuka, ci rhugwasirwe rhukulikire aha rhwarhega amarhwiri n’okuyumva oluderho lwo na nnene lwa Kristu lyo rhuhashi  jira entimanano yago yago naye. 

5. Bemezi bazigirwa, erhi wankashimanana na Kristu okanamuyumvirhiza ogwasirwe ohindule obworhere bw’akalamo,obe muhyahya omu kuleka engeso mbi z’omwizimya :akavulindi n’entambala, emanja n’okucihemukira emibiri omu kujira eby’enshonyi, okulama omu bugonyi. Ewe ka kuhaba muhabire oku emibiri yinyu biri birumbu bya Kristu? Nkabaga murhishi oku omubiri gwinyu kali ka-Nyamuzinda ka Muka Mutagatifu omubamw,oyu mwahabagwa na Nyamuzinda, n’oku murhaciri binyu mwene? Ko Paolo arhukengezize ntyo olw’ene. Arhulalisire okuyaka eby’enshonyi n’okulama omu bucese bulya emibiri yirhu erhaciri yirhu rhwene kurhenga erhi rhunywana na Kristu, ci kanyamuzinda ka Muka Mutagatifu rhurhagwasirwi rhuzinze. Emibiri yirhu egwasirwe ebere hantu hinja na hacire embuga n’omu ndalala bulya biri birumbu bya Kristu. Kuziga rhuyake obukala nshonyi, bulya amango orhaciyumva nshonyi z’okuzinza ecirumbu ca Kristu erhi na nta buzine ogwerhe . 

6. Neci kwo binali okushimanana na Kristu kugwasirwe kuhindule obworhere bwirhu. Emyanzi y’Akalembe yene egalusire bwenene kuli eyo ntimanano. Ci lyo eyo ntimanano ehashikana binahune okurhabalwa n’abandi barhangirimanya Kristu. Kuziga bene wirhu bazigirwa rhumanye ok"u ngasi mukristueli njira y’okulangula abandi aha Kristu ali, kwago kwago oku abarha sagi mushimana. Co cirhumire gali makwanane oku mubusi okuheka abana bage emwa Yezu, nka kulya Yowane analangulaga bala baganda bage bombi. Gali makwanane omuntu okuheka mwene wabo erhi omwira wage emunda Yezu ali nka kulya Andreya ahekaga Simoni na Filipo aheka Natanaeli. Nawe we mukristu oli muno: ka sho na nyoko, abana bawe,abira bawe erhi nisi  balungu bawe boshi bashimanine na Kristu. Ka nta mupagani ocilama naye. Ka ntabo barhaja misa erhi masala erhi ndeko muli mwalama haguma. Ka ab’oshangira nabo orhwavu,munashangire n’omubiri gwa Kristu.Aba mukola nabo mweshi, ka munashenge haguma? 

7. Mwira wani mukristu oyige ene olugero lwa Yowane mubatiza olangule abandi Kristu:"oyu ye mwanabuzi wa Nnamahanga ". Oyige ene olugero lwa Andereya oheke mwene winyu emunda Yezu ali:" Rhwabwine mwami Yezu". Omukolo n’oburhumisi bwawe kuli kuhisa mwene winyu emunda Yezu ali. Arhali kumuhindula ci kumuhisa. Entimanano yage na Mwami Yezu yo yamuhindula n’okumuha obwage burhumisi. 

8. Bene wirhu bazigirwa,rhukengerage oko rhurhankaheka bene wirhu emunda Yezu ali amango rhwene rhurhajiziri entimanano yagoyago na Mwami Yezu. Buzira okushimanana na Mwami Yezu erhi rhulirhwayumva, nirhu rhushuze karame n’okulibirha aka Samweli, ci rhucirhebe izu ly’orhuhamagire. Buzira eyo ntimanano erhi rhuyumva n’okulusa abandi bakristu,erhi muli bakristu b’izino ci arhali ba bworhere. 

9. Lyo rhujira eyo ntimanano na Kristu rhugwasirwe okuba nk’aba baganda babirhi:erhi babalangula Kristu, bamushimba.Erhi abadosa erhi "Cici mwalon. za" bohe aba kudosa bamudosa erhi"Yagirwa, ngahi oba". Barhagwerhe eci balonza arhali okushimanana na Yezu lyo baba haguma naye. Balonzagya ecihando muli Yezu. Naye Yezu arhacirhindiraga, abayugulira erhi:"Muyishe muhabone". Bagenda bahabona banalegerera bo naye. Bashangira oku buzine bwa Kristu. Ebi balamaga na Kristu byo nabo bajiri hamiriza emunda bene wabo bali. 

 Kuziga bene wirhu, ebyo bulagirire kuli rhwe kuli kurhingijira entimanano yago yago na Kristu, rhulame muli ye,na buzinda rhumuhamirize n’akalamo kirhu emunda bene wirhu bali omu kubalangula ye. Arhali rhwe rhwabayemeza erhi kubahindula, ci rhuyemere Kristu arhuhindule, ye wanahindula abarhumudwirhire nk’oku ahindulaga Simoni, amujira Kefa. 

NYAKASANE ABE HAGUMA NINYU 


Père Bienvenu Marie BISIMWA LUHIRIRI, crsp

jeudi 25 octobre 2012

Madame la tiédeur


Madame la tiédeur [1]


Par définition, la tiédeur est un état de ce qui n'est ni chaud ni froid. L’Apocalypse de Saint Jean la considère comme pire condition où l'on puisse se trouver : « Tu n'es ni bouillant ni froid. Que n'es-tu froid ou bouillant ! Mais parce que tu es tiède, et non froid ou bouillant, je vais te vomir de ma bouche » (Ap 3, 15-16).

Placé essentiellement sur le plan de la vie spirituel, cette terminologie thermique s’explique ainsi : « Chaud est celui qui persévère, avec la ferveur initiale, dans le service de Dieu ; froidest celui qui n'a jamais eu de ferveur et n'a jamais commencé à servir Dieu. Tiède est celui qui, à un moment, a reçu des dons et des grâces de Dieu et qui, ensuite, par négligence a connu un relâchement spirituel et est retourné en arrière, ou bien qui, ayant commencé à servir Dieu de façon imparfaite, n'a jamais progressé jusqu'à une ferveur remarquable »[2]

La tiédeur équivaut ainsi à ce que la doctrine spirituelle traditionnelle a préféré appelerparesse. Cette dernière étant des sept péchés capitaux. Pour Antoine Marie Zaccaria « Il faut détruire cette peste qui est la pire ennemie du Christ crucifié et qui règne si puissamment en ces temps modernes et qui s'appelle la tiédeur »[3] Il prescrit alors à ses fils de discuter, dans leurs conférences, des « causes de la ferveur ou de la tiédeur, de leurs propriétés et de leur point culminant »[4] A propos de la tiédeur, les Detti notabili donne la description et l’environnement de la celle-ci en ces termes : « La mère de la tiédeur est l'ingratitude envers les bienfaits de Dieu ; ses compagnes sont la sensualité, la curiosité et les distractions ; sanourrice est la confiance dans la bonté de Dieu, accompagnée de quelque bonne œuvre, et le fait de se persuader qu'il suffit d'éviter les fautes graves, comme si la tiédeur n'était pas un péché grave ; sa fille très chère est madame l'hypocrisie cachée sous l'apparence de la vérité et remplie intérieurement de puanteur » (27, 19) ; « le principe de la tiédeur est de n'attacher aucune importance aux plus petites choses, le milieu est de commettre des fautes graves, la finest le mépris de Dieu » (27, 28) ; « la tiédeur commence par le manque de considération,persévère dans l'obscurité spirituelle et finit par l'aveuglement de l'intelligence » (27, 31).

Antoine Marie Zaccaria esquisse, dans ses écrits, les causes et les effets de la tiédeur, sespropriétés et les signes qui la manifestent, son point culminant, tout en proposant quelques remèdesS’agissant des Causes, il évoque l'indécision ou irrésolution, en mettant l’accent sur trois grandes distinctions dont il développe une seule. Il s’agit de la distinction entre les préceptes et les conseils dans laquelle on se fie à observer les préceptes en négligeant les simples conseils (Sermon 6) ; la distinction entre les péchés mortels et les péchés véniels ainsi que la présomption qui en découle selon laquelle nous méritons le pardon de Dieu. (voir Lettre 11 et Miroir spirituel de Fra Baptista). Une autre distinction se situe au niveau de la lumière et du feu et met l’accent sur le manque de lumière chez ceux qui n’ont pas une grande intelligence et le manque d’ardeur chez ceux qui sont intelligents (Constitutions du Fondateur 11 et Lettre 12).



Quant aux Effets,  l'indécision, en plus d'être la cause, est aussi un effet de la tiédeur. En fait quand l’homme tiède délibère sur une question, quand il en examine le pour et le contre il est incapable de décider des raisons qui sont les meilleures et ne parvient pas, par conséquent, à se positionner. Ainsi la tiédeur est-elle un empêchement au progrès (Constitutions 18), voir même à la vie spirituel (Lettre 11).

Pour ce qui est des Propriétés. Antoine-Marie décrit en détail dans la Lettre 11, le comportement des tièdes qu'il assimile aux pharisiens. Pour lui, « Le pharisien – ou le tiède – ne retranche de sa vie que le gros et retient le menu ; il fuit les choses illicites mais s'accorde tout ce qui est permis ; il s'abstient des actions sensuelles mais prend plaisir à la sensualité dans les regards; et ainsi, il veut le bien mais ne le veut pas tout entier ; il se modère en certaines choses mais non en tout ».

Et pour les SignesZaccaria consacre un chapitre de ses Constitutions aux « signes de la ruine de la discipline religieuse » ou signes de relâchement. (17)  La conséquence des ces signes démontre l’augmentation de la tiédeur au sein des communautés, au détriment de la discipline religieuse.

Le sommet de la tiédeur réside dans la haine qu'éprouvent les tièdes envers les fervents. En effet, les tièdes ne se contentent pas de traîner dans leur condition : ils ne tolèrent pas qu'existent d'autres personnes meilleures qu'eux et, pour cette raison, ne leur permettent même pas de se séparer d'eux. Ils tiennent à se camoufler derrière la ferveur des autres en prétextant l’importance de l’unité (Cs 17). Cependant ils restent jaloux et s’opposent à tout idées rénovatrice car ils regardent comme une honte de vivre avec quelque de meilleurs qu’eux.

Réaction.
C’est au sommet même de cette tiédeur que se place le Fondateur pour encourager et définir les qualités d’un bon réformateur. Il commence par une recommandation : Il faut « fuir le danger de tomber dans la tiédeur » (Lt 11). Pour cela, il est nécessaire de suivre la voie de la séparation et surtout la séparation d’avec la tiédeur (Sr 6). Au réformateur, il donne cette consigne : « Sans orgueil et sans présomption...mais avec audace, tu élèveras la croix le plus puissamment possible pour détruire la tiédeur et restaurer la discipline religieuse » (Cs 18). Il faudra alors une stratégie au réformateur car la tiédeur n’est pas facilement curable.

Remèdes.
En remède contre la tiédeur, il faut emprunter la voie de la crainte de Dieu, mais faudra-t-il quelle soit filiale, et de la méfiance envers soi-même. Mais plus encore, il convient de fuir la compagnie des tièdes en faveur de celle des fervents. D’où sa recommandation : « Si tu veux commencer à fuir la tiédeur, emploie le marteau de la peur contre la fausse confiance (en toi) ; si tu veux faire des progrès dans son extirpation, désire la vertu pour elle-même sans attacher un regard à la récompense; si tu veux la tuer complètement, désire, par amour pour le Christ, tous les opprobres et toutes les épreuves »[5] (27, 22-23).

Ce triple cheminement, commencer-extirper-tuer, exige un procédé progressif qui consiste dans le retranchement d’un vice chaque jour, jusqu’à guérir la plaie de la tiédeur. Cela demande donc une attention à pouvoir faire quelque chose de plus chaque jour tout en se mortifiant de la convoitise et de la sensualité même dans ce qui est permis.[6] En outre, si le distinction des préceptes et conseils sert d’alibi à certains pour rester dans la tiédeur, elle peu à contrario être un antidote à cette même tiédeur dans la mesure où l’on s’en tient à commencer par observer même le moindre des conseils pour aboutir aux préceptes. Ainsi « Celui qui veut fuir le danger de pécher contre les préceptes doit nécessairement observer les conseils »[7].

En somme, Saint Antoine Marie Zaccaria montre que la tiédeur est un problème central de la vie chrétienne, car elle s’attaque à l’identité même du chrétien. C’est apparaît une négation de soi dans la mesure où lé tiède est un chrétien et ne l’est pas vraiment. Il l’est de manière formelle du fait de son appartenance et sa participation n’est que formelle. Cependant fondamentalement il s’en éloigne. L’on comprendra alors pour quoi le tiède de Zaccaria correspond au pharisien contre lequel s’insurge Jésus dans l’Evangile.

La vocation réformatrice des Barnabites  est donc un appel à mener une lutte acharnée contre la tiédeur. C’est pourquoi leur fondateur les invites à être des grands Saints. Et Grand Saint, on le devient par cette ascension vers la perfection à travers cette méthode progressive de l’élimination de la tiédeur. Une méthode qui indique clairement que le mouvement d’une parfaite reforme part de l’intérieur pour se déployer ensuite sur l’humanité tout entière. Elle commence par parfaire la toute petite et simple vie, là même où elle ne connait pas encore des lois et des règles, pour aboutir à sa complexité.





[1] Cf. Antonio M. Gentili ; Giovanni M. Scalese, Lexique pour l’Esprit (Apunto per lo Spirito), Enseignement spirituel et ascetique de Saint Antoine Marie Zaccaria, Milan, Ancora, 1994
[2] Detti notabili, 27, 1
[3] Antoine Maria Zaccaria, Lettre 5
[4] Constitutions du fondateur n°9
[5] Detti notabilli, 27, 22-23.
[6] Antoine Maria Zaccaria, Lettre 11 
[7] Antoine Maria Zaccaria, Sermon 6